Petites recettes d’un « régime » qui marche

A tous ceux et celles qui se lanceront dans un régime « maison » ou bien encadré par un diététicien. Quelques conseils pour rendre la perte de poids plus efficace (et plus durable) :

1. Petit inventaire… du frigo

Parce qu’il est difficile de préparer une salade de tomates si l’on a pas de tomates, parce qu’il est difficile de résister au plateau de fromage si celui-ci prend la moitié du frigo, parce qu’il n’est pas envisageable de garder dans son placard cette boîte de nos chocolats préférés sans l’entamer…

Alors avant de se mettre « au régime », il faut commencer par se mettre « au ménage » : faire une liste de ce que l’on souhaite manger est une première étape indispensable pour commencer à travailler sur ses habitudes alimentaires. Je veux manger des fruits ? des légumes ? des yaourts ou du fromage frais et de qualité ? un peu de fromage ?… Le contenu de vos frigos et placards doivent avant tout refléter vos nouveaux choix alimentaires.

2. Organisation pratique des courses

« Passer » au supermarché en coup de vent en sortant du travail et avant de rentrer chez soi, à l’heure où le ventre commence à crier famine, sera toujours une TRÈS mauvaise idée. Tous les produits gras et sucrés, tous ces aliments que vous associez à la notion de « plaisir » mais que vous n’aviez pas mis dans votre liste de course (projet de perte de poids oblige), vont vous tendre les bras, disposés bien en évidence sur le chemin qui séparent votre chariot des aliments que vous étiez initialement venus chercher… Il faut dire que quand le corps a « faim » il pousse votre tête vers vos envies les plus caloriques. Petit réflexe de survie de sa part.

Nouveauté donc : se mettre à faire une liste de course (ce qui nécessite d’avoir pensé  un minimum les menus de sa semaine) ET faire ses courses l’estomac plein. Dans l’idéal le week-end, au calme, après le petit-déjeuner ou le déjeuner.

3. Réflexion sur la qualité

Perdre du poids nécessite bien sûr une baisse du niveau calorique de vos apports alimentaires journaliers, permettant à votre corps de puiser peu à peu dans ses réserves. C’est mathématique. Pour baisser ce niveau calorique moyen il vous faudra privilégier les aliments de « faible densité énergétique » au sein de chaque groupe d’aliments, autrement dit d’aliments qui nourrissent, rassasient, mais apportent peu de calories.

Pour ceux qui font le choix d’être accompagnés dans leur démarche par un diététicien, une étude de chaque groupe d’aliments en tenant compte de vos goûts et habitudes alimentaires vous permettra de définir parmi vos recettes préférées celles qui seront à privilégier. Et, pourquoi pas, d’en découvrir de nouvelles ?

Pour les autres, pensez à choisir des aliments simples que vous cuisinez vous même : non panés, non déjà préparés, évitez les produits contenant des sucres ajoutés (yaourts aux fruits, crèmes desserts…), privilégiez le pain nature, le pain complet, les céréales, légumineuses et pommes de terre, les fruits et légumes frais, les viandes et poissons à cuisiner vous même, mais en petite quantité, les produits laitiers demi-écrémé plutôt qu’entiers… Et ayez la main plus légère sur votre consommation d’huile, de beurre et de sucre ! De nombreuses recettes gagnent, même gustativement, à être allégées…
Méfiez-vous également des aliments dits « santé » au packaging attrayant, pas toujours si légers : smoothies, yaourts en faveur d’une flore intestinale florissante, gâteaux « allégés »…

4. Et avant tout : manger !

De manière générale, manger moins n’est pas forcément la solution… Si c’est la manière la plus simple (à priori) de faire baisser son niveau calorique, c’est aussi la manière la plus simple d’être affamé au bout de trois jours et de « craquer » à la moindre contrariété ou de vous « empiffrer » à la première invitation.

Non, vous n’êtes pas boulimique* parce que vous venez d’avaler un paquet de gâteaux entier… Vous ne l’auriez peut-être pas même regardé si votre déjeuner avait été complet et/ou si vous aviez pris une vraie collation dans l’après-midi.

On ne le dira donc jamais assez, pour maigrir, il faut commencer par manger ! Mais manger « juste » et au bon moment.

Dans l’idéal, un « régime » bien fait doit vous permettre de vous apporter dans un volume d’aliments similaire à votre volume habituel* (donc sans sensation de faim), une ration calorique réduite. Le diététicien s’appuie sur une enquête alimentaire pour vous établir une telle ration. Pour ceux qui se lancent seuls dans l’aventure, deux signes peuvent vous montrer que votre nouvelle alimentation est trop pauvre en calories: 1. vous avez faim 2. vous perdez plus de trois ou quatre kilos par mois.

*A noter: concernant les problème d’estomac « élargis » (certaines personnes, en effet, mangent « trop » en quantité, mangent trop vite, etc… et doivent rééduquer leur estomac notamment) et les pour les problèmes de « boulimie/anorexie », des prises en charge et accompagnements diététiques particuliers sont proposés.

5. Quelques réflexes à éviter absolument…

Je sors ce soir,  je préfère manger très léger à midi : arriver affamé devant les chips à l’heure de l’apéro, devant le buffet copieux de vos amis, devant la carte du restaurant reste une très, très mauvaise initiative…

J’ai l’habitude de grignoter dans l’après-midi ou en rentrant chez moi, je dois apprendre à « tenir sans manger » : se programmer une collation dans l’après-midi sera plus judicieux que ne plus manger du tout lorsque vous en aviez au contraire l’habitude. A défaut, vos longues journées de travail, vos stress divers et variés viendraient vite à bout de votre bonne résolution.

J’arrête le pain : Pourquoi donc? Il est démontré que perdre du poids est plus facile avec une ration alimentaire dont la proportion en sucres (pain, féculents, fruits, produits laitiers…) n’est pas diminuée. C’est la ration calorique globale qui devra être baissée, tout en conservant bien représentés tous les nutriments à travers les groupes d’aliments dont nous avons besoin.

J’évite la banane… Dommage. Bien moins calorique qu’une barre chocolatée, qu’une viennoiserie, que des bonbons, que des chips… elle permet par exemple de s’offrir une collation qui « cale » bien, histoire de tenir jusqu’au repas suivant. La banane peut donc au contraire être une bonne alliée pour avoir une plus grande sensation de satiété.


6. Et l’activité physique…

Pas le temps, pas l’argent, etc… Des tas de raisons ne vous permettent pas de faire autant de sport que vous le voudriez, malgré qu’il soit un atout majeur dans une démarche de perte de poids.

Pensez déjà à marcher plus (monter les escaliers, se garer plus loin, sortir une station de métro plus tôt…), à faire plus de ménage (oui… bon), à utiliser le temps passé devant la télé pour faire quelques exercices sur un stepper, de vous motiver avec une montre qui fait podomètre…

En espérant que ces quelques pistes vous aident.

A. Laffond, diététicienne nutritionniste 

Tofu grillé au sésame noir

Tofu mariné à la sauce soja, puis grillé au four.

Délicieux à rajouter sur les salades frisées, salades de mâche ou d’endives… ou tout simplement à grignoter en tapas.

Tofu grillé au sésame noir – Anaïs Laffond – Diététicienne Sarlat

Pour cette recette il vous faut :

  • 250g de tofu
  • de la sauce soja
  • du sésame noir

Préchauffer le four à 200°. Couper le tofu en morceaux, le placer dans un grand bol. Arroser de 2 c. à s. de sauce soja salée. Poivrer. Répartir les morceaux sur du papier cuisson sur une grille du four. Cuire 10 minutes, puis retourner. Cuire 5 minutes encore et sortir du four. Dans le même grand bol arroser de nouveau d’une c. à s. de sauce soja, rajouter des graines de sésame noir et servir.

Tofu grillé – étape cuisson – Anaïs Laffond – Diététicienne Sarlat

Salade d’endives aux pommes

Une recette traditionnelle qui gagne à être préparée un peu à l’avance, la vinaigrette cuira légèrement l’endive et la pomme radoucira le tout.

Salade d’endives aux pommes – Anaïs Laffond – Diététicienne Sarlat

Ingrédients :

  • 1 endive par personne
  • 1/2 pomme par personne
  • 5 c. à s. de vinaigrette légère
  • sel, poivre
  • sésame noir

Les bonnes salades de fruits

Parce qu’il ‘y a rien de meilleur qu’une salade de fruits bien fraîche et bien faite, voici quelques idées qui devraient ravir vos invités petits et grands. Et, en prime, c’est bon pour la santé !

Salade de fraises à la menthe – Anaïs Laffond – Diététicienne Sarlat

Salade de fraises à la menthe

  • 1 barquette de fraises
  • 12 feuilles de menthe
  • 1 pomme coupée en petites lamelles
  • 1/4 de citron pressé (pour éviter le noircissement de la pomme)

Salade d’orange à la cannelle – Anaïs Laffond – Diététicienne Sarlat

Salade d’orange / pomme / cannelle

  • 1 orange par personne
  • 1/2 pomme par personne
  • 1/4 de citron pressé (pour éviter le noircissement de la pomme)
  • de la cannelle en poudre

Salade de kiwi au gingembre – Anaïs Laffond – Diététicienne Sarlat

Salade de kiwis / pomme / gingembre

  • 2 kiwis par personnes
  • 1/2 pomme par personne
  • 1/4 de citron pressé (pour éviter le noircissement de la pomme)
  • 1 cm de racine de gingembre râpé

Taboulé de boulghour aux câpres

La recette simple et rapide pour recycler les restes de céréales de la veille (boulgour, semoule, quinoa, etc…). À condition d’avoir un gros bouquet de persil dans le jardin (ou le frigo), un citron et un pot de câpres au vinaigre…

Taboulé de boulghour aux câpres – Recette Anaïs Laffond diététicienne – Sarlat

Pour manger ce qu’il y a sur cette photo, il vous faut:

  • du boulghour cuit
  • une botte de persil frais
  • 1 grosse cuillère de câpres au vinaigre
  • 1/2 citron pressé
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive
  • 1 tomate en petits morceaux
  • du sel, du poivre
  • une cuillère à soupe de petites graines (sésames, pignons…)

Recettes légères : soupe de tomates froide


Soupe froide de tomate:

Les courses (pour 2 personnes): 4 grosses tomates type cœur de bœuf bien mûres – 1 c. à soupe d’huile d’olive – 1 c. à soupe de vinaigre – 3 gousses d’ail – 1 poignée de basilic – sel et poivre

* Laver puis ébouillanter les tomates quelques secondes. Lorsque la peau commence à se détacher, les égoutter, les passer sous l’eau froide et les éplucher.

* Couper ensuite les tomates en morceaux et les mixer.

* Rajouter les feuilles de basilic, le vinaigre, l’huile, l’ail écrasé et mixer de nouveau.

* Ajouter de l’eau froide si besoin jusqu’à obtenir la consistance souhaitée pour la soupe.

* Assaisonner en sel et poivre à votre goût puis placer au réfrigérateur avant de consommer (au moins deux heures).

Outil: savoir calculer son IMC

L’IMC ou Indice de Masse Corporelle (ou Body Mass Indice en anglais) est un indice qui permet, au niveau médical, de déceler les personnes dont le poids peut avoir ou aura une influence sur la santé.

Il permet en particulier de diagnostiquer le surpoids et l’obésité.

Calcul de l’IMC:

Poids (en kilos) / (taille (en mètre) x taille)

Exemple:

Je mesure 1m65 et je pèse 58 Kg.

Mon IMC sera de:
58 / (1,65 x 1,65) soit 58 / 2,7225 soit encore 21.

 

Comment traduire le résultat?

Chez l’enfant, jusqu’à 18 ans, il faut reporter le chiffre d’IMC calculé sur la courbe garçon ou fille figurant dans le carnet de santé.

Chez l’adulte:

  • <18,5: sous-poids
  • 18,5 à 25: valeurs de référence
  • 25 à 30: surpoids (risques pour la santé légèrement augmentés)
  • 30 à 35: obésité modérée (risques pour la santé modérément augmentés)
  • 35 à 40: obésité sévère (risques pour la santé fortement augmentés)
  • > 40: obésité massive (risques pour la santé très fortement augmentés)

par Anaïs Laffond – diététicienne nutritionniste Paris

Arrêter de fumer sans prendre de poids

L’arrêt de la cigarette va souvent de pair avec une prise pondérale qui pourra varier selon les personnes de zéro à plus de dix kilos. Cette prise de poids est parfois un frein pour ceux et celles qui s’inquiète à cette perspective,  ce qui est bien évidemment dommage quand on sait l’importance pour la santé d’arrêter de fumer.

Alors, arrêter la cigarette sans prendre du poids, possible ?

Tout d’abord, quelques chiffres :

Des études  ont montré que le gain de poids moyen lors de l’arrêt de la cigarette se situe entre 2,8 kg pour les hommes et 3,8 kg pour les femmes. Il s’agit de moyennes, car si certains ont pris plus de 10 kilos, 30% des sujets étudiés n’ont pas pris de poids ou en ont perdu. Une personne sur trois ne prendra donc pas de poids ! Bonne nouvelle…

Cette étude fait également remarquer qu’en réalité, les sujets ont simplement réatteint le poids moyen des sujets non fumeurs.

En bref, ce n’est pas forcément l’arrêt de la cigarette qui fait prendre des kilos, c’est de fumer qui en fait perdre ! Enfin, au moins pour 2 ou 3 d’entre eux…

Par ailleurs, les schémas individuels sont très différents et il est difficile de prédire quel impact l’arrêt du tabac aura sur votre poids.

Alors, quelle stratégie pour arrêter la cigarette sans grossir ?

Quelques chiffres encore : un fumeur qui arrête de fumer va avoir une dépense énergétique quotidienne plus basse d’environ 200 Calories (kilocalories) par rapport à ses dépenses habituelles en tant que fumeur, il va également augmenter sa ration alimentaire d’environ 300 Calories par jour. Au total, pour ceux qui ne font pas partie des chanceux 30%, il faudra rééquilibrer son bilan énergétique, d’environ 500 Calories donc, en augmentant sa dépense physique, en diminuant ses apports caloriques alimentaires ou, mieux encore, en associant les deux. Être au poids de « fumeur » tout en étant « non fumeur » nécessite également d’envisager des petites modifications sur le long terme plutôt qu’entreprendre une stratégie « drastique » sur trois semaines…

En pratique:

Partir à la chasse à ces 500 Kcal de manière durable:

  • Un peu de sport chaque jour (1/2 heure à 1 heure ?) qui permet de dépenser un peu plus de calories certes, mais surtout et aussi de se recentrer sur son corps et sur le cadeau que vous êtes en train de lui faire, de favoriser la production dans votre corps d’hormones type endorphines et dopamines qui aident de manière extrêmement efficace, par la sensation de bien être qu’elles procurent, face au manque nicotinique.
  • Une alimentation un peu plus « légère » que d’habitude en choisissant des aliments moins denses énergiquement que vous pourrez donc manger en quantités plus importantes (le temps d’oublier la cigarette coupe faim de fin de repas) tout en économisant quelques calories encore…
  • Et une petit attention sur la balance, juste au cas où…. Tous les 15 jours par exemple ?

Source principale : « Les comportements alimentaires », éditions Lavoisier

par Anaïs Laffond – diététicienne nutritionniste – Sarlat – Dordogne

Je n’aime pas cuisiner

Difficile aujourd’hui de « manger sain » lorsque l’on confie son alimentation aux bons soins de l’agroalimentaire et des restaurateurs. Trop cher, trop gras, trop sucré, trop salé, mais si simple et si rapide !

Notre alimentation a changé.
Notre bonne vieille culture gastronomique française est en danger: les repas de famille en grande tablée, les anciens qui nous transmettent toutes leurs recettes, les fruits et légumes du jardin, bien sûr, de saison, le confit, les beignets, les crêpes, mais seulement les jours de fête !… Tout ça est bel et bien en train de disparaître, on mange seul, on mange vite, on fête Noël dès le mois d’octobre dans les supermarchés et on partage la galette durant tout le mois de janvier.
On a plus le temps. Le repas devient un peu la corvée de trop dans notre journée si bien remplie… Allez hop, adieu les bonnes vielles recettes  de famille !
Et pourtant… rien de tel qu’un repas élaboré soi-même: il peut être léger, il peut être sain, il est moins cher et surtout, il peut être bon !
Pour ceux qui, vraiment son hermétiques à l’art de manier les casseroles, pensez à ceux de votre famille (mamie ? maman ????) ou de vos amis qui vous régalent de temps en temps et sachez que vous aussi, Y a pas de raison, vous pouvez y arriver !

Pas de temps, pas d’envie, la cuisine se perd peu à peu dans la plupart des foyers français et c’est bien regrettable. Alors la cause est-elle perdue d’avance? Y a t-il moyen de retrouver l’envie et le plaisir de cuisiner?

D’abord, trouver (ou retrouver) l’inspiration :
Commandez les paniers de légumes et/ou fruits « BIO » livrés dans votre quartier ou ravitaillez-vous à l’A.M.A.P. (Association pour le Maintien d’une Agriculture de Proximité) la plus proche. Rassuré(e) d’aller dans le bon sens écologiquement ou économiquement parlant, il ne vous restera plus qu’à trouver le moyen de cuisiner tous ces légumes de saisons… Petite astuce : taper le nom dudit végétal dans la barre prévue à cet effet du site « marmiton.org » et laissez vous tenter par les meilleures recettes des internautes qui savent, eux, cuisiner.
Aller fouiner dans les rayons « cuisine » des librairies et offrez vous quelques ouvrages sur le sujet, ceux dont les photos sont les plus alléchantes par exemple. Certaines éditions font des miracles ! Ensuite, après avoir choisit la recette la plus alléchante, attelez-vous à lire la recette, car, si si, normalement c’est aussi faisable à la maison ! Bon, l’aspect visuel de la recette, telle que présentée sur la photo, n’est pas toujours garantie…
Allez vous balader dans les boutiques spécialisées de matériel de cuisine, style rayon dédié du BHV. Attrapez le premier ustensile culinaire étrange que vous croisez et dont vous n’avez vraiment aucune idée de son utilité. Puis, faite marcher votre imagination pour trouver, ou interviewez un vendeur, ou, pour les plus motivés, lisez le mode d’emploi.
En dernier ressort : attendez un jour triste, allongez-vous sur le canapé, fermez les yeux et repensez aux petits plats si bons que maman (ou papa…)  vous préparait étant enfant. Ensuite prenez le téléphone et, avant ou bien après lui avoir raconté tous vos (autres) problèmes, demandez lui les détails techniques secrets de sa recette. En plus, ça lui fera plaisir !

Ensuite, vérifier le matériel :
C’est sûr, deux plaques et une pauvre casserole dans un studio de 10 m2, ça n’aide pas à faire de la grande cuisine. Toutefois, pour ceux qui ont la chance d’avoir un espace un peu plus adapté, il serait bon de prévoir :
– un four (pour les petits gratin de légumes et les petites papillotes de poisson…)
– une cocotte minute (60 ans de durée de vie, on n’a encore jamais rien fait de mieux…)
– une grande et une petite casserole
– une grande et une petite poêle anti-agrippante
– un mixeur type pied avec petit bol adaptable pour hacher herbes voire petites farces
– une râpe
– un économe (épluche légume)

– un ou deux bons couteaux

– une planche à découper

Et enfin, fouillez bien votre agenda, trouver un peu de temps !!!!

Par A. Laffond, diététicienne

Conseils aux parents: bébé ne veut pas manger !

chaise-haute-2 A l’attention des mamans qui s’arrachent les cheveux, chaque soir, devant la chaise haute.

Pour trouver de manière simple quelques pistes d’amélioration, se demander plutôt : mais pourquoi diable voudrait-il bien les manger, mes légumes ?
Parce qu’il a faim !
Question de bon sens : un enfant qui a faim, mange (ou, tout au moins, est apte à manger).
A contrario, un enfant qui n’a pas faim, ne mange pas (sauf s’il est très très gourmand et que c’est très très bon)
Avec la faim, tout nous paraît meilleur, mais sans elle: rien ne nous dit.
Idem, bien sûr, chez nos petits.
Alors, si petit est pendu à vos collants et vous réclame à corps et à cris à manger alors que vous essayez tant bien que mal de lui préparer un babycook’repas digne de ce nom, c’est plutôt bon signe.
Si, dès que vous tendez la main vers le bavoir, il part en courant se réfugier dans sa chambre et que vous le retrouvez vertueusement concentré sur le dernier livre en carton que vous lui avez offert, c’est plutôt mauvais signe…
Objectif n°1 donc : que petit ait faim à 19h (ou à midi). Pour cela, pas de grignotage après le goûter.
Pas si simple quand on sait que « gâteau » est l’un des premiers mots qui sortiront de sa bouche.
Difficile en effet de résister à son petit doigt tendu vers le placard, ses petits yeux tout en demande accrochés aux vôtres et sa petite bouche qui se tord si joliment en prononçant le mot magique…
Pour celles qui se sentent concernées, mon conseil est pourtant de tenir bon.
Si bébé insiste (parce qu’il a l’habitude de grignoter et ne voit pas pourquoi cela devrait changer), expliquez lui, proposez lui de l’eau et, pourquoi pas, détournez son attention vers une activité qui lui plait en attendant le repas.
Attention, le verre de jus de fruit ou le lait sont également considérés comme du grignotage: ils apportent des calories et sont donc des aliments qui, comme les autres,  peuvent couper l’appétit pour le (vrai) repas bientôt prêt. Donc, si possible, de l’eau.
(Bon ok, si petit affamé fait trop pitié: un petit bout de pain…mais toujours « en attendant le reste » !)

Parce qu’il veut faire quelque chose avec vous.

Pitchoune attend que vous vous occupiez de lui. Et d’’autant plus si vous travaillez et le voyez peu dans la journée.
S’il constate que sa résistance à manger provoque chez vous un grand énervement et que vous finissez par vous consacrer entièrement au problème (c’est à dire lui) alors il sera bien sûr tenté de provoquer à nouveau cet état de fait à chaque repas.
Si, au contraire, vous le félicitez et l’encouragez à chaque bouchée et que vous vous détournez de lui s’il ne mange pas (par exemple pour vous occuper de ceux qui, eux, mangent) alors il comprendra que c’est lorsqu’il mange que vous partagez vraiment un moment avec lui et pas l’inverse.
Deux phrases d’illustration : « Oh ! Tu manges, c’est bien ! Tu aimes ? Tu en donnes à maman aussi ? Mummm, c’est bon ! Tu en veux encore ? C’est toi qui te sers… Oups, et oui, tu as raté l’assiette…» Et la seconde : «  Tu ne manges pas ? Ce n’est pas grave, tu mangeras peut-être le plat suivant. Pour l’instant nous, nous mangeons.»
Et au fait: tant pis s’il ne mange pas, il mangera toujours mieux au repas suivant. Les petits peuvent équilibrer leur alimentation sur plusieurs jours, alors pas de panique ! S’il a ses jours « fromage », il aura aussi ses jours « raisins » et ses jours « purée », ses jours « fine bouche » et ses jours « gros mangeur »…

Parce qu’il connaît ou reconnaît l’aiment que vous lui proposez.

Il ne faut pas sous estimer l’inquiétude de l’enfant vis à vis des aliments que nous lui demandons de manger, c’est à dire de mettre dans son corps. Et ce n’est pas rien d’incorporer un aliment ! Si pour nous, le poireau est un légume plus que banal et qui se mange sans risque, pour lui c’est encore une substance blanche et verte, filamenteuse, inconnue au bataillon. Comment peut-il être sûr qu’il peut le consommer, qu’il ne s’agit pas d’un poison ou, pire encore, de quelque chose « vraiment pas bon »?
Si votre conjoint vous ramène une assiette de purée de larves diverses et semi-vivantes (recette empruntée à la Papouasie par exemple), même si il vous assure que le plat est consommable voir très bon,  je doute que votre confiance en lui soit suffisante à vous faire ouvrir grand la bouche et engloutir le tout sans réfléchir. Alors, pour en revenir au poireau, nous ça fait 30 ans qu’on le connaît, pas bébé !
Quelles pistes ? Proposer un maximum d’aliments variés durant la petite enfance, répéter régulièrement les nouveaux aliments sous différentes formes et, si possible, que bébé assiste au parcours des aliments du paniers de course ou du marché jusqu’au mixage de son assiette en passant par l’étape importante de la cuisine. Il est toujours très rassurant pour lui de vous voir préparer ses aliments.

Parce qu’il aime.

L’enfant peut aimer, ou pas aimer, selon les jours. A cet âge, des préférences alimentaires apparaissent mais dépendent aussi de la pluie, du soleil ou et de son humeur du moment. Il peut très bien aimer tel plat un jour et le refuser le lendemain. Il ne faut pas se formaliser de ces sautes de « goût » toute naturelles à cet âge, ne pas les enregistrer comme étant définitives, et surtout éviter les classements et conclusions hâtives dans lesquelles il pourrait bien vouloir s’identifier par la suite : « il est comme son pana, il n’aime pas les courgettes ! ».
De plus, contrairement à certaines idées reçues, nos petits sont grands gourmets : ils sont bien souvent ravis par des goûts forts (vinaigre, épices, fromages…) et apprécient tout particulièrement les petits plats bien mitonnés de leurs parents. Alors, à vos condiments !
Question sel cependant : il est déconseillé de saler avant 12 mois. Ensuite, il faut encore le limiter à la cuisson par exemple et éviter de resaler par la suite.

Parce qu’il veut faire partie du clan…

L’imitation est un des outils de l’apprentissage chez le tout petit. Avant 18 mois, bébé veut manger comme ses parents car il a confiance en eux et donc en ce qu’ils mangent. Ou tout simplement : faire comme eux pour être comme eux. Alors rien de mieux pour donner envie à un tout petit de manger sa purée de légumes que de la consommer devant lui et d’attendre qu’il en réclame ! Si, au contraire, l’enfant voit son père grimacer devant l’assiette de purée et surtout ne la goûte pas avant de la lui donner, peu de chance pour que bébé se laisse tenter lui-même.
Tant que faire se peu, l’idéal est toujours de partager le repas de son enfant et que lui même puisse partager le votre. C’est comme cela que se transmettent nos modes alimentaires de générations en générations et depuis des millénaires. Suivons l’exemple…
Et juste un petit mot sur les petits pots. Ils sont bien pratiques parfois il faut le reconnaître et « adaptés aux besoins de votre enfant » comme l’indique fièrement l’étiquette. Mais pour ceux qui seraient tentés de donner exclusivement des petits pots à bébé : lorsque celui-ci se rendra compte qu’il est bien le seul à la maison à en consommer, il risque fort de se poser des questions ! Et de finir par les refuser, malgré toute la confiance qu’il vous porte…

Parce qu’il veut faire comme les grands

Le repas est un important moment d’apprentissage pour l’enfant : découverte du goût certes, mais aussi un très bon exercice de motricité fine (et oui, pas facile de manger la soupe avec les doigts…) et d’autonomie. Il est donc important de le laisser faire ! Même si ce n’est pas très rapide (est-on vraiment pressé ?) Même si ce n’est pas très propre (adopter la tenue bavoir intégrale peut s’avérer judicieux).
Et lorsque ses tentatives de mise en bouche de la cuillère sont enfin couronnées de succès, quelle fierté devant maman ! Et bien sûr, viendra avec l’envie de recommencer. Il a donc besoin, comme pour tout d’ailleurs, de la patience de maman, et surtout de ses encouragements. Et parfois, je l’admets, d’un peu de son aide aussi, si c’est vraiment trop long… (il a faim, tout de même, cet enfant)

Parce qu’il est content

Le repas est aussi un moment ou l’enfant peut refuser de communiquer et de partager car il veut vous montrer qu’il n’est pas content. A nous de l’entendre et de l’accepter.
Imaginez devoir manger en face de quelqu’un avec qui vous venez de vous disputer très fortement. Surtout si c’est lui qui vous a finalement imposé sa décision (alors que, bien sûr, c’est vous qui aviez raison), n’auriez-vous pas du mal à avaler le morceau ? Il vaut donc mieux éviter de débuter le repas sur une note de discorde avec votre enfant car son seul moyen sera de vous « punir » en ne mangeant pas ce que vous avez préparé pour lui.

Parce qu’il n’a rien de mieux à faire…

Et oui bien sûr, si il sait que son refus de manger se soldera par le retour immédiat à la liberté (genre rejoindre grand frère affalé la télé?), alors pourquoi ne pas zapper le repas et signifier à maman qu’on a plus faim ?

En conclusion,


S’il est un des privilèges de l’espèce humaine de pouvoir « manger sans avoir faim et de boire sans avoir soif » comme l’écrivait Brillat Savarin, il l’est également, et au grand désespoir des mamans, d’être capable ne pas manger même si l’on a faim ! Bon, surtout lorsque ce qui est proposé ressemble à des légumes, tout bio, frais ou babycookés qu’ils puissent être…

J’espère que ces pistes se révèleront utiles à quelques parents, même si, en matière d’enfants, tout reste toujours plus faciles à dire qu’à faire !

Anaïs Laffond – Diététicienne Nutritionniste Paris